Shkdee's weblog

mercredi 21 avril 2010

La physique au quotidien

Avez-vous regardé cette vidéo ? Je l'ai prise dans le RER, et ce qui y est intéressant, c'est l'espèce de ligne horizontale en plein milieu, qui se penche plus ou moins lorsque le RER ralentit, et qui se tord carrément à la fin. Arrivez-vous à deviner ce que c'est ? Ce n'est pas facile si on ne le voit soi-même, je ne vais donc pas faire durer le suspens trop longtemps : il s'agit d'un peu d'eau qui avait visiblement réussi à s'infiltrer dans le double-vitrage de la fenêtre du RER, et qui bougeait selon l'accélération ou le ralentissement, ce qui me faisait beaucoup rire.

Et puis, une fois que je m'étais bien amusé, je me suis dit que l'on pouvait s'éclater encore plus et se servir de cette eau qui bouge dans la vitre pour calculer grossièrement la décélération maximale du RER, et en déduire sa vitesse, ou au moins un majorant de sa vitesse ! Hé oui, c'est marrant la physique dans la vie de tous les jours. J'ai calculé grossièrement que l'angle maximal que faisait la surface de l'eau avec l'horizontale (atteint intuitivement lorsque le freinage est le plus fort, à la 13ème seconde de la vidéo) avait une tangente égale à 1/7 (la marque du niveau maximal de l'eau restait sur la vitre, comme les marées laissent une trace sur les digues ou les quais dans un port ; dès lors, on peut faire des mesures avec les paumes des mains sur les côtés de la vitre pour estimer la tangente...).

Avec un petit schéma, on s'aperçoit, en supposant que la force virtuelle exercée sur l'eau du fait du freinage du RER (et qui fait que la surface de l'eau n'est plus horizontale mais un peu oblique) est constante[1], que cela signifie que cette force créée par le freinage est, à son point maximal, environ sept fois plus faible que le poids (i.e pour les physiciens, que la norme de l'accélération d'entrainement vaut environ g/7, où g est l'accélération de la pesanteur).

Et en supposant que cette force de frein est constante durant tout le freinage, et vaut cette valeur maximale (ce qui n'est pas forcément loin de la vérité), on peut calculer la vitesse du RER ! Hé oui, il met à peu près 10 secondes à s'arrêter, on s'en rend compte en regardant la vidéo (le freinage commence vers 4 secondes, lorsque la surface de l'eau commence à s'incliner, et se termine vers 14 secondes, lorsqu'elle revient brusquement à la normale en se tordant). Dès lors, pour passer d'une certaine vitesse initiale à une vitesse nulle avec un freinage constant égal à un septième de la pesanteur, on calcule que cela implique que la vitesse initiale du RER est d'environ 50 km/h[2].

Marrant comme méthode non ?

Notes

[1] Et en supposant que le système est stationnaire, c'est à dire que la surface de l'eau est plate (sans être forcément horizontale) et ne bouge pas, ce qui ne me paraît pas être une approximation trop fausse ; de toutes les façons, je ne sais pas faire de calculs sans ça.

[2] En plus, le résultat n'est pas trop loin de la réalité : le RER circulant dans Paris lorsque j'ai fait cette vidéo, il devait rouler à une vitesse d'environ 40 ou 45 km/h. L'erreur vient probablement des approximations (par exemple, le freinage n'est pas constant et commence par être faible pour finir plus fort ; si l'on suppose que le freinage est encore constant mais vaut plutôt un huitième de la pesanteur plutôt qu'un septième pour compenser sa faiblesse au début, on trouve une vitesse de 44 km/h...).

jeudi 15 avril 2010

Mots à partir

J'aimerais attirer votre attention sur une expression bien singulière de la langue française : « avoir maille à partir avec quelqu'un ou quelque chose », qui signifie « rencontrer des difficultés » avec le quelqu'un ou quelque chose en question. Intéressez-vous y deux minutes : saisissez-vous bien le sens de chacun des termes de cette expression ? Maille : il s'agit d'une boucle ou d'un motif qui se répète pour faire une structure plus grande. Partir : l'action de quitter un endroit, de se mettre en mouvement. A priori, on a là beaucoup de mal à comprendre vraiment comment ces mots s'articulent pour produire la signification finale de l'expression... Mais donc, saisissiez-vous réellement la teneur de ces deux mots ? Soyez honnêtes. Je pense que comme moi, vous êtes restés perplexes devant cette combinaison inattendue, et devant le sens qui en découle qui n'est pas moins étonnant. On trouve une piste d'explication dans les verbes départir et répartir, qui signifient bien respectivement départager et distribuer et non le contraire et la répétition de partir. Si l'on suit la logique de formation des mots, on peut en déduire à ce stade que partir peut aussi signifier partager, diviser en parties. Et c'est bien le cas : c'est le sens originel, bien qu'archaïque voire archaïsant, du mot partir, qui devient soudainement un verbe transitif et ne se conjugue peut-être même pas de la même façon (il appartenait au second groupe et on peut imaginer que l'on disait "j'ai parti" et pas "je suis parti", ou et "je partissais" et non "je partais"...). On commence à s'approcher du résultat, au moins l'expression « avoir maille à partir » a maintenant un sens syntaxique, puisqu'il s'agirait donc de partager une maille. Pour finir, il faut soit être très fort en histoire, soit consulter un dictionnaire[1] : maille peut signifier, selon un sens assez vieilli qui date de l'époque des capétiens, « monnaie de très faible valeur, valant un demi-denier ». Dès lors, on comprend déjà mieux que partir une maille puisse être un procédé difficile - ou mesquin, l'expression pouvant probablement signifier les deux - et l'origine de la locution qui nous intéresse depuis le début est beaucoup plus claire.

Tout en découvrant ceci ce matin, j'ai mené quelques recherches sur des verbes plus ou moins rares et souvent défectifs[2] de la langue française, comme sourdre, dont le participe passé est une énigme qui m'interpelait depuis plusieurs années. Et puis je suis tombé sur une liste de verbes à conjugaison irrégulière quoique plus ou moins "typique"[3], et tout mon regard sur la langue française a changé, parce que non contents d'être irréguliers, une certaine quantité de ces verbes-là sont surtout inconnus[4][5] ! Quoique, à y bien regarder, pas si inconnus que ça. L'on se rend compte que - comme pour le sens archaïque de partir - l'on utilise uniquement certaines formes de ces verbes initialement méconnus, comme le participe passé en guise d'adjectif, ou dans des expressions particulières comme « ci-gît », où vous savez tous que se cache le verbe gésir. Et c'est un peu drôle de découvrir des mots qu'en fait, d'une certaine façon, on connaissait déjà depuis toujours. Je vous laisse découvrir vous-même l'entière liste de ces verbes, il y en a bien sûr beaucoup que vous connaissez déjà. Voici tout de même un petit florilège des meilleures prises de la pêche, avec quelques recherches complémentaires :

  • Assavoir, qui signifie savoir, et est principalement employé sous la forme « faire assavoir »
  • Bayer, qui ne doit pas être confondu avec bâiller (ni bailler d'ailleurs !). Ainsi, il appert que si « bayer aux corneilles » signifie bien « rêvasser niaisement », « bâiller aux corneilles » et surtout « bailler des corneilles » ne devraient pas avoir la même signification... en fait, bayer paraît être au départ une variation du mot béer, et avoir souffert de son homonymie avec bâiller jusqu'à disparaître presque complètement au profit de son homonyme ; il semble d'ailleurs que bayer/béer et bâiller aient la même origine latine batare (« bâiller ») (et des sens parfois proches).
  • Bienvenir, qui vous permettra de dire la prochaine fois que vous êtes le bienvenu que vous vous êtes fait bienvenir.
  • Chaloir, que vous connaissez bien dans l'expression « peut me chaut », et qui signifie donc « être important ».
  • Comparoir, synonyme attendu de comparaître, qui est surtout célèbre pour fournir l'adjectif (parfois substantivé) comparant (plutôt que comparaissant) pour parler de celui qui est en train de comparaître devant la justice.
  • Contondre, de même sens et origine que contusionner (qui lui est préféré depuis plus de cent ans), et surtout utilisé dans son participe présent adjectivé - pourtant, lui, très connu - contondant.
  • Émoudre, signifiant « aiguiser sur une meule », qui donne le participe passé émoulu... ainsi lorsque vous êtes frais émoulus du lycée, vous sortez en fait du lycée assez sauvagement torturés à la meule (haha).
  • Férir, signifiant frapper et bien connu dans l'expression « sans coup férir » (et moi qui pensais que cela avait à avoir avec le latin ferre (« porter »), en fait il s'agit du latin ferire (« frapper »)), mais aussi sous sa forme de participe passé féru (!), où frapper semble se rapprocher de émouvoir puis de passionner pour donner le sens que l'on connaît dans, par exemple, la locution « être féru de littérature ».
  • Forfaire, qui signifie « manquer gravement à », dont le participe passé donne le substantif forfait - mais dans le sens infraction ou méfait, et pas tarif.
  • Gésir, dont j'ai déjà parlé précédemment. L'intéressant avec ce verbe est qu'il n'est pas initialement défectif et que l'on peut consulter sur le wiktionnaire une forme archaïque mais très cocasse de la conjugaison de ce verbe. Ainsi, en vous couchant hier soir, vous avez jeü, ou vous jeütes...
  • Issir, signifiant sortir comme l'on s'y attend en pensant à son participe passé qui est quasiment la seule forme utilisée de ce verbe : issu. L'étymologie de ce verbe le rapproche de exit (exire en latin), l'émergence et l'origine du mot sortir étant plus trouble.
  • Poindre, qui n'est pas très méconnu mais dont la conjugaison parfois un peu compliquée laisse entrevoir quelque surprise : le participe présent est poignant, donnant directement l'adjectif signifiant actuellement émouvant. J'ai eu un peu de mal à relier ce sens à celui usuel de poindre ; il semble que le trait d'union soit le mot point, où l'on retrouve une signification un peu vieille de piqûre, d'où dérivent les sens de piquer d'une part, et de faire souffrir d'autre part. Je suppose par la suite que piquer devient « apparaître sous forme de pointe » puis « se faire jour », tandis que faire souffrir passe de la douleur physique au sens figuré et psychologique du poignant que l'on connaît actuellement. Avec un détour par le verbe rare poigner, « serrer, étreindre douloureusement », dont poignant est aussi le participe présent. Tout ces mots ne semblent pas avoir de rapports direct avec poing.
  • Quérir, qui devrait être plus ou moins défectif mais donc le wiktionnaire donne aussi une conjugaison plutôt rare (mais pas très inattendue ; enfin quand même, dire que la justice est quise, c'est drôle).
  • Semondre, qui a pour sens « inviter », mais aussi « réprimander ». Vous avez certainement noté la proximité avec le verbe semoncer, un peu moins vieux, qui signifie la même chose avec en plus l'acception de demande impérative, que l'on retrouve aussi (en plus des autres sens) dans le mot semonce, que l'on connaît enfin déjà mieux (notamment dans l'expression « coup de semonce »). Le mot semondre semble correspondre en fait à l'origine latine submonere (« avertir secrètement »), et donna par la suite semonce puis probablement semoncer et peut-être sommer (mais là je ne suis pas sûr, j'ai plus de mal à suivre l'étymologie).
  • Seoir, qui connaît plusieurs sens : d'une part s'assoir, où l'on reconnaît la forme proche (l'orthographe asseoir existe encore, d'ailleurs) ; d'autre part siéger ; et enfin convenir. D'où poignent respectivement trois mots différents déjà bien plus utilisés : séant, sis(e) et seyant ! Le troisième étant une variation du premier, lui-même directement tiré du participe présent, et le second étant le participe passé. Belle collection, pour un mot considéré comme vieilli au moins depuis le 17e siècle...
  • Souloir, qui tient un peu de la curiosité : il signifie « avoir l'habitude de », et s'utilise à l'imparfait de l'indicatif sous la même forme que soûler (modulo l'accent circonflexe) ! De quoi donner des idées de jeux de mot.
  • Sourdre, alors tout dans ce verbe est désuet donc ce n'est pas un exemple de verbe connu uniquement sous certaines formes, mais par contre je suis content d'avoir découvert que le participe passé serait sourdi ! (d'après Wikipedia, et si j'en crois l'existence de l'entrée sourdir du wiktionnaire, qui serait alors une vieille orthographe de sourdre et qui expliquerait très bien le -i...)

Je vous remercie pour votre attention lors de cette belle plongée dans la langue française. J'ai appris des mots à mon correcteur orthographique aujourd'hui, c'est pas tous les jours...

Notes

[1] D'ailleurs, gardez donc le CNRTL sous le coude, il vous sera peut-être utile pour toute la suite du billet.

[2] « Un verbe est dit défectif lorsque sa conjugaison est incomplète : un certain nombre de temps, de modes ou de personnes sont inusités. » (Wikipedia)

[3] Il peut paraître un peu bizarre de parler d'une conjugaison à la fois irrégulière et typique... enfin si l'on considère que la liste possède bien plus d'une centaine d'éléments, on commence à apercevoir la différence entre irrégularité et exception, et ces deux adjectifs deviennent tout de suite moins antinomiques.

[4] Sauf, peut-être, pour les juristes.

[5] D'ailleurs, quelque recherche nous montre que certains éléments de cette liste étaient parfois déjà considérés comme vieillis il y a quatre siècles ; quelque part, c'est déjà merveilleux qu'on les connaisse encore, ce sont un peu des dinosaures de la langue française...

dimanche 14 mars 2010

Happy birthday à pi

Pi
π dans un crop circle ! explications, une version moins discrète).

Le 14 mars, comme les anglo-saxons s'en rendent facilement compte puisqu'ils ont l'habitude de noter cette date 3.14, est le jour symbolique d'anniversaire de la constante mathématique probablement la plus connue au monde, la bien-aimée π (qui vaut en valeur approchée, rappelons-le, 3,14159 26535 89793 23846 26433 83279 50288 4197... ; je m'arrête à la 39 ème décimale parce que bon, ça commence à bien faire, seul Chuck Norris connaît la dernière décimale de π ; et par ailleurs, 39 décimales sont suffisantes pour estimer la circonférence d'un cercle de dimensions similaires à celles de l'univers observable avec une précision comparable à la taille d'un atome d'hydrogène, ce qui est tout de même bien suffisant).

Notons que le 14 mars est aussi l'anniversaire d'Albert Einstein, quoiqu'il doit exister mathématicien plus proche de π que l'auteur de la théorie de la relativité.

Il me faudrait, à cette occasion, vous parler un peu de cette constante, sur laquelle il y a énormément de choses à dire et à propos de laquelle on pourrait s'extasier pendant des heures et des heures. Mais je ne pense pas que cela intéresserait vraiment tout le monde, et je n'ai pas vraiment le temps de le faire (dans deux minutes ce ne sera plus son anniversaire !) ; je me contenterai donc de vous faire partager un site de passionné (hé oui, il y a des fans de π !) assez chouette et sur lequel j'ai passé pas mal de temps aujourd'hui : l'univers de Pi, dont vous lirez au moins la partie Histoire avec quelque curiosité. Bonne lecture aux intéressés !

Mais si je tombe sur une information incroyablement passionnante sur π, je vous la ferai bien sûr partager en commentaire, héhé...

mardi 29 décembre 2009

À l'ombre du moulin enfin posé !

alombredumoulinpose.jpg

À l'ombre du moulin posé, vous connaissez ? C'est un blog, enfin plus une BD qu'un blog, qui raconte une histoire un peu folle dans un monde un peu fou, d'une façon parfois drôle, parfois poétique, souvent belle, et plutôt bien servie par un style de dessin que j'apprécie personnellement beaucoup et dont vous pouvez voir un aperçu ci-dessus. C'est une chouette histoire, et en plus, c'est une histoire qui est maintenant achevée ! Comme vous n'aurez donc plus à en guetter la fin, je vous encourage vivement à aller la lire le plus vite possible, vous ne le regretterez pas ; et ça se passe chez caro.

Pour l'anecdote, l'auteure est Caroline Cherrier, dont vous avez peut-être entendu parler de la sœur, Marie Cherrier, qui est chanteuse et dont j'aime par ailleurs assez bien la musique (il n'y a à part ça pas de rapport direct entre l'une et l'autre, je les ai découvertes de façon indépendante...).

Je n'ai pas encore bien déterminé à quel point l'histoire racontée dans l'ombre du moulin posé est inspirée de la vie de son auteure (enfin comme je connais pas sa vie, forcément, c'est dur de conclure). Mais il me parait certain qu'on y trouve au moins des éléments (... comme sa soeur).

dimanche 29 novembre 2009

Le petit billet qui va bien

Vous êtes-vous déjà penchés sur cette délicieuse périphrase qui va bien qui est, justement, "qui va bien" ? Depuis que je suis en stage, j'ai l'impression de l'y entendre très souvent. Et plus elle va bien, plus elle me fascine. Ce qu'elle a de merveilleux, d'abord, c'est sa polysémie : "La modification qui va bien", "le marché qui va bien", "le logiciel qui va bien", "le billet de train qui va bien", jusqu'au "petit groupe qui va bien" sur facebook, on la déguste à toutes les sauces. Selon les cas, on peut essayer de la traduire par adéquat, adapté, correspondant, idoine, mais aussi correct, suffisant ou même nécessaire... finalement, c'est qu'elle peut vouloir dire un peu tout et n'importe quoi ; d'ailleurs en ce sens elle va bien elle-même, et signifie maintenant pratique. Elle a une liberté d'interprétation vraiment large.

Bon, si ce n'était que ça, à la limite... Mais ce qu'elle a de doublement merveilleux, c'est que son caractère résolument suggestif et flou incite assez puissamment à l'interprétation ; ainsi, chaque interlocuteur d'une conversation traduit cette expression par un sens qui va bien, et vu le vaste champ d'interprétations possibles, il y a toutes les chances du monde que ces traductions ne coïncident pas. Donc on arrive à une large incompréhension générale alors que tout le monde pense savoir précisément de quoi il parle, c'est à la fois génial et navrant.

C'est génial, parce qu'on a pas le sentiment en l'entendant que la formule est tout à fait nébuleuse. Parce qu'on ne dit pas "machin" ou "truc" non plus ; on utilise une périphrase qui peut, après tout, avoir la qualification la plus précise... puisqu'elle est laissé parfaitement libre d'interprétation ! En fait, cette expression ne qualifie pas comme un adjectif le fait ; elle décrit la conséquence de la qualification qu'elle devrait apporter. Un peu comme si, en voulant insulter quelqu'un, je disais "Je t'insulte !" plutôt que "Sale connard !" - c'est quand même beaucoup moins démonstratif. Je ne sais pas s'il a un nom, ce procédé qui consiste à remplacer un mot par une expression qui décrit son emploi et son effet, qu'on retrouve par exemple dans cette célèbre citation de bash.org ; mais je le trouve généralement toujours très drôle, et un peu fascinant.

Et c'est navrant, parce qu'après deux ou trois "qui va bien" qui vont bien dans une conversation, chacun a bien sa propre idée de ce qu'il dit, mais ne s'intéresse ni de savoir si les autres ont cette même idée sur ce qu'il dit, ni de comprendre ce que les autres veulent réellement dire. Chacun y va de son petit mot qui va bien, sans se préoccuper des autres. Il y a un côté culture du dialogue de sourds derrière tout ça...

Ce qu'il est intéressant de noter, c'est que je ne crois pas avoir utilisé ou entendu cette expression une seule fois en prépa, où l'on essaie quand même d'être précis et de communiquer un peu correctement (imaginez un "et là on applique le petit théorème qui va bien et le résultat est acquis" sur une copie de concours...). Alors qu'à l'armée ou la police, je la redécouvre tous les jours...

mardi 24 novembre 2009

Petite énigme combinatoire

Allez, comme les maths me manquent (non, vraiment), je vous pose une petite énigme (enfin grande par l'énoncé, mais c'est parce que j'essaie d'être très compréhensible), pour illustrer l'immense puissance des mathématiques. Je ne vous demande pas de la résoudre, quoique ça serait intéressant si vous essayiez, mais vous avez peut-être mieux à faire ; je vous demande juste, au moins, de lire l'énoncé, en taisant tant que ce n'est pas fini la petite voix qui vous murmure dans votre tête "non mais c'est complètement tordu ton truc, mec" ; puis éventuellement, à la fin, de vous extasier d'un beau "haaa, que c'est grandiose les maths !", ou sinon de vous en foutre d'un désinvolte "On est content d'être heureux...".

Voici l'énoncé :

Vous faites partie d'un groupe de 500 personnes, rassemblé dans une grande pièce. On donne à chacune de ces 500 personnes un numéro différent entre 1 et 500 (donc il n'y a pas deux personnes ayant le même numéro), mettons que vous recevez le numéro 37, vous êtes le seul à l'avoir, jusqu'ici tout va bien. Dans une autre pièce attenante à celle où votre groupe est rassemblé, il y a 500 casiers. À l'intérieur (donc invisible de l'extérieur, tant que le casier n'est pas ouvert) de chacun de ces 500 casiers est disposé un numéro entre 1 et 500, marqué sur un bout de papier, avec encore une fois aucun doublon : il n'y a pas deux casiers avec le même numéro à l'intérieur. L'on a donc 500 personnes avec toutes un numéro différent d'un côté, et 500 casiers avec tous un numéro différent de l'autre. Tour à tour, chacune des 500 personnes de votre groupe va se rendre dans la pièce aux casiers, et ouvrir puis refermer jusqu'à 250 casiers, pour voir le numéro qui se cache à l'intérieur. S'il voit dans l'un de ces 250 casiers le numéro qui correspond au sien, il gagne, sinon il perd. Dans tous les cas, il retourne dans l'autre pièce, et n'a pas le droit, en aucune manière que ce soit, de communiquer avec les autres personnes du groupe (de sorte qu'en entrant dans la salle des casiers, personne n'ait déjà une idée de quel casier renferme quel numéro). Par exemple, supposons que ce soit votre tour d'y aller : vous ouvrez un premier casier, vous y trouvez, disons, le numéro 412. Ce n'est pas le votre (je vous rappelle que vous avez le numéro 37), vous refermez le casier, vous en ouvrez un second, vous y trouvez le numéro 125. Toujours pas bon, vous refermez, vous en ouvrez un troisième, etc, et ce 250 fois. Si à un moment vous avez trouvé le numéro 37 dans un casier, vous avez gagné, sinon vous avez perdu.

On suppose que dans une journée, tout le monde a eu le temps d'aller ouvrir ses 250 casiers. Votre but, à vous les 500 personnes, est que tout le monde ait gagné dans la même journée : il faut que chacune des 500 personnes ait ouvert au moins une fois le casier contenant son numéro, parmi les 250 qu'elle a ouverts. Si ce but est atteint, vous gagnez tous un grand voyage en Australie et le jeu est fini ; sinon, on considère que tout le monde a perdu, et on retente la chance le lendemain, en mélangeant les numéros dans les casiers pendant la nuit (comme ça, encore une fois, personne n'a déjà une idée de quel casier renferme quel numéro en entrant le lendemain dans la salle, même ceux qui ont très bonne mémoire).

Vous pensez vous laisser aller au désespoir devant l'impossibilité de la tâche, lorsque l'une des personnes de votre groupe (sûrement un normalien...) s'exclame : "si on suit ma méthode, au bout d'une semaine, on aura plus de 9 chances sur 10 d'avoir gagné un voyage en Australie !" Comment fait-il ?

Fin de l'énoncé

Hé oui, comment fait-il ? C'est cela qui est intéressant. Mais voyons au moins pourquoi la tâche peut sembler impossible de prime abord : si chacun choisit ses 250 casiers au hasard - comme il n'y a aucune information préalable sur quel casier renferme quel numéro, cette méthode peut paraître aussi bonne qu'une autre - il a en somme une chance sur deux de trouver, parmi les 250 numéros, le sien (en effet, c'est comme si on tirait un numéro au hasard entre 1 et 500 : il a une chance sur deux d'être dans les 250 premiers, et une chance sur deux d'être dans les autres, les 250 derniers). Donc chacun a une chance sur deux de gagner. Donc deux personnes ont une chance sur quatre de gagner toutes les deux (à ceux qui comprennent : les événements sont indépendants, donc multiplication des probabilités). Continuons le calcul : 500 personnes ont 1over2exp500.gif de chances de toutes gagner la même journée, soit, en valeur approchée :

1over2exp500approx.gif

Autrement dit rien, mais rien, rien ! À ce rythme là, il vous faudrait environ 10150 jours pour avoir ne serait-ce que 50% de chances de partir en Australie, soit quelque chose comme un milliard de milliards de milliards de [...] de milliards d'années, en alignant comme ça 49 fois le mot milliards. Il y a des milliards de fois moins d'atomes dans l'univers que d'années nécessaires. Les kangourous vont vous attendre, hein... alors qu'avec la méthode de l'autre normalien, là, avec sa bonne tête de génie et ses cheveux en bataille, vous avez 90% de chances de siroter un cocktail à Sydney à peine sept jours plus tard. Ça paraît délirant, non ?

Il y a deux parties dans l'énigme, en fait : la première, trouver la méthode géniale ; la seconde, voir pourquoi ça marche. Sachant que si le calcul prouve effectivement que ça marche, il n'est pas évident, en voyant juste la méthode, qu'elle soit vraiment plus efficace que notre méthode naïve qui consiste à choisir au hasard (on aurait même l'impression qu'elle l'est moins, car elle n'exclut pas qu'une personne ouvre plusieurs fois le même casier) - alors que le résultat est là, sans appel et conforme à ce qu'annonce le normalien.

C'est puissant, les maths, non ? Non ?... Vous êtes contents d'être heureux vous aussi ? Allez, je vous donnerai la solution dans quelques jours, dans un autre billet ou en commentaire, promis. Peut-être que ça intéressera quelqu'un ! Un indice : on peut donner des numéros aux casiers aussi.

Édition : voici la solution, dans un document qui reprend initialement l'énoncé. Si la démonstration mathématique ne vous intéresse pas, à la limite, oubliez ce document et allez plutôt voir l'explication que je donne en commentaire, j'y explique les choses un peu plus simplement.

samedi 07 novembre 2009

Pourquoi j'arrêterai pas de chanter des chants mili


Voilà pourquoi.



D'accord, ils sont militaires, ils sont lents, les syllabes de fin de vers sont mangées, ils ne servent parfois qu'à marcher bêtement, et ils ne valent pas un bon morceau des Who. Mais certains valent quand même le coup.

Voir aussi Ceux du Liban et Sari Mares, dans les moins moches, voire les plus beaux, de ceux que j'ai pu entendre.

Histoire de répondre au dernier commentaire de Maryana... :D

vendredi 28 août 2009

Ma personnalité a un meilleur pedigree que la tienne

Vous êtes probablement familiers, au moins dans les grandes lignes, de la théorie de l'évolution formulée par Charles Darwin il y a un siècle et demi. Elle dit, ou du moins on peut lui faire dire sans trop la déformer, en gros, que les êtres vivants sont soumis à une certaine sélection naturelle qui favorise les individus qui ont des avantages reproductifs (en général parce qu'ils sont plus adaptés à leur environnement et vivent mieux et plus longtemps) et qui de fait transmettent mieux leurs caractéristiques particulières, par le biais de leur descendance. En résulte une lente mais certaine évolution des espèces, a priori dans le sens d'une meilleure adaptation à l'environnement (quoique quand on voit un poisson lune, on se pose la question).

Mais je ne sais pas si vous voyez tout le fantasme qu'a pu déclancher cette théorie, lorsqu'on l'élargit et l'applique à d'autres choses que des animaux. Enonçons ce principe d'une façon légèrement plus formelle : dans un environnement qui conditionne une compétition entre beaucoup d'individus qui peuvent se reproduire entre eux dans une certaine mesure, les plus adaptés aux conditions posées par l'environnement arrivent à se reproduire le mieux - quelle que soit la forme de reproduction. Bref - à grandir, à transmettre mieux leurs meilleures caractéristiques. C'est une idée reprise dans des algorithmes, dit évolutionnaires, en informatique, d'ailleurs.

Par exemple, il y a une façon de voir les choses, c'est que l'objet principal de la théorie de l'évolution sont les gènes, par les animaux. Hé oui, nous ne sommes que des vecteurs qu'utilisent nos gènes pour se propager le plus largement possible ! Si les gènes sont efficaces, ils ont de fait un "avantage reproductif" puisqu'ils en confèrent un à leur porteur. Donc ils se propagent mieux. Nous, dans tout ça, sommes juste le support qu'utilisent les gènes pour se propager. Je trouve ça assez drôle, personnellement, de placer non pas l'individu animal au centre de la théorie de l'évolution mais le gène. Cela fait relativiser...

Mais on peut même appliquer cette théorie aux mots ou aux idées ! En effet, on peut par exemple voir les expressions du langage comme des individus qui se répandent dans les habitudes conversationnelles humaines. Vous copiez les expressions qui vous semblent vous correspondre et que vous entendez chez d'autre personnes, vous abandonnez celles qui ne vous plaisent pas. Vous en mêlez plusieurs, vous en inventez de nouvelles à partir de celles que vous connaissez, etc. Dans le tissu des relations sociales, ces expressions naissent, vivent, se propagent, meurent, suivant qu'elles obéissent à un canon à la mode ou qu'elles semblent ringardes. Et nous, là dedans, par le biais du langage, nous ne sommes encore une fois que le support qu'elles utilisent pour se répandre. On imagine un mécanisme exactement similaire pour, par exemple, les comportements sociaux ou les idées. Un peu comme si, finalement, notre principale importance dans la vie était de transmettre et répandre les idées qui nous semblent les plus dignes. Presque comme si, finalement, on ne faisait que servir la propagation des idées, des mots...

Je me demande si c'est sensé donner un sens un peu responsabilisant.

vendredi 07 août 2009

Halte au DHMO !

Le monoxyde de dihydrogène (dihydrogen monoxide, DHMO), aussi appelé acide hydrique ou hydroxyde d'hydronium, est un composé chimique inodore, incolore, très dangereux et impliqué dans la mort de centaines de gens dans le monde chaque année, pour la plupart par ingestion mais pas uniquement. En effet, il peut aussi causer de très sévères brulures sous forme gazeuse. Sa dangerosité chimique ne s'arrête pas là puisque ce composé est aussi un des principaux éléments des pluies acides, contribue massivement à l'érosion des sols et a un pouvoir corrosif important sur les métaux. Il fait aussi partie des gaz à effet de serre, responsables en partie du réchauffement climatique. Par ailleurs, sa forme solide provoque une lésion des tissus organiques lors d'un contact prolongé, et une ingestion excessive peut causer un certain nombre d'effets secondaires déplaisants quoique rarement mortels : transpiration importante, quantité de rejet d'urine anormale, sensations de ballonnement, nausées, vomissements. L'existence d'un lien de causalité entre le DHMO et le cancer n'a pas encore été établi à ce jour, mais il semble jouer un rôle dans la formation d'un certain nombre de cancers, puisqu'il est présent dans certaines tumeurs cancéreuses.

Or, ce composé chimique reste encore largement utilisé dans nos vies ! Il est couramment utilisé comme solvant et diluant industriel, mais aussi comme retardant de feu dans les extincteurs, dans la fabrication du polystyrène expansé, dans les systèmes de propulsions de certaines navires, ou encore dans les centrales nucléaires. On s'en sert dans les recherche sur les animaux et dans la distribution de pesticides, et c'est un des composants de bombes chimiques ou artisanales. Il est aussi massivement rejeté dans les rivières et les fleuves. Enfin, il a été historiquement utilisé dans les camps de concentrations de l'allemagne nazie.

Bref - il faut agir. Les gouvernements ont jusqu'ici toujours refusé de bannir sa production et son utilisation, malgré tous les risques potentiels, essentiellement pour des motifs de santé économique qui semblent pour l'instant légitimes, bien qu'il ne soit fait actuellement aucun effort pour tenter d'améliorer cette situation. Mais les motivations réelles sont peut-être plus obscures puisque ce produit chimique semble convoité et utilisé à plus ou moins grande échelle par de nombreuses organisations militaires dans le monde.

Mais maintenant que vous connaissez la vérité sur le DHMO, agissez, demandez vous aussi son bannissement de nos vies !

Mais en fait c'est quoi le DHMO ? Les plus futés, ou au moins les plus chimistes, auront probablement reconnu que le DHMO, le monoxyde de dihydrogène, n'est en fait que... de l'eau ! (en effet, deux atomes d'hydrogène et un atome d'oxygène donne assez naturellement le nom de monoxyde de dihydrogène ; les autres dénominations ont des raisons plus sombres mais celles-ci n'échapperont pas aux chimistes habitués à ces nomenclatures barbares) C'est marrant de voir comment l'on peut prétendre qu'un truc parfaitement inoffensif est la plus nocive des substances juste par utilisation de termes scientifiques un peu compliqués et en dressant un bilan sombre et incomplet (parce que, ha oui, j'oubliais, vous êtes composés de 70% de DHMO...) - quoique parfaitement véridique. L'idée n'est pas de moi ; initialement, la fausse diabolisation du DHMO a été inventée par un collégien américain, Nathan Zohner, pour un projet en cours de sciences. Il a distribué à chacun des élèves de sa classe un compte-rendu à peu près similaire à ce que j'ai fait ci-dessus, c'est à dire purement factuel, et demandant à la fin du rapport quelle était l'attitude à adopter vis-à-vis de cette substance ; 86% des élèves ont voté l'option "bannir le monoxyde de dihydrogène parce qu'il a causé trop de morts" sans se poser plus de questions. Certains chercheurs et statisticiens pensent, peut-être avec raison, qu'ils ont une assez haute probabilité de pouvoir retrouver des résultats similaires en tentant l'expérience avec des membres du Congrès à la place des collégiens... c'est souvent facile d'induire quelqu'un en erreur en énonçant une longue suite de faits complètement sortis de leur contexte et en sortant un peu de jargon scientifique au milieu pour être convainquant. On pourrait faire un réquisitoire similaire qui serait probablement tout aussi convainquant contre pas mal d'objets de la vie quotidienne - la voiture, les ordinateurs...

Pour aller plus loin : le site du groupe de recherche sur le monoxyde de dihydrogène :D .

samedi 18 juillet 2009

Bachelors unite !

Vous en êtes sûrement encore plus conscient que moi, il existe et a existé dans le monde de nombreux mouvements sociaux et populaires plus ou moins violents, générant des événements allant de la manifestation à l'émeute voire la guerre civile, et nourris par différents griefs plus ou moins graves. On connaît par exemple déjà des révoltes FMI ou des émeutes de la faim dans divers pays du Sud. On pourrait aussi prévoir des émeutes dues au réchauffement climatique dans certains pays potentiellement très touchés par une hausse des températures ou du niveau de la mer (notamment parce que cela ruine de grandes d'étendues de terres cultivées et déplace énormément de gens ; socialement, c'est une véritable bombe : d'une part, ces gens-là déjà très pauvres sont les plus touchés par un événement dont ils ne sont absolument pas la cause ; d'autre part et surtout, tous ces réfugiés climatiques viennent grossir les bidonvilles des grandes villes déjà surpeuplées). Certains experts prévoient aussi des émeutes et jusqu'à des situations de quasi-guerre civile dans certains pays très touchés par la crise économique et en particulier celle immobilière (en amérique du Sud essentiellement ; ce sont des pays où la protection sociale est faible, et où la circulation des armes est facile) (cf un article du Monde que je n'arrive pas à retrouver).

Mais Je voulais en venir à une autre cause possible d'événements sociaux : celle du trop-plein d'hommes, dans des pays tels que la Chine ou l'Inde, dû à des avortements forcés pour éviter de donner naissance à des filles (les garçons étant par exemple valorisés du fait de la politique de l'enfant unique en Chine ; en Inde il doit y avoir des raisons de dot). On estime qu'il va y avoir un surplus de 100 millions de célibataires en Chine, par exemple. Et je me demande - quels événements sociaux un déséquilibre pareil pourrait causer ? Imaginez une guerre des femmes, comme l'on risque d'avoir des guerres de l'eau, par exemple. Un genre d'enlèvement des sabines moderne, pour "gagner" les femmes d'un pays voisin par la force... Ou sans aller jusqu'à la guerre, imaginez les accusations que l'on pourrait porter : l'on a incriminé il y a quelques années le plombier polonais de venir voler le travail des français ; demain, l'on incriminera le bellâtre chinois de venir séduire et voler les françaises ! Le genre de "protectionnisme" absurde et malsain qui se mettrait en place... "Ma fille, tu ne te maries pas à un étranger hein, les françaises au français !" On peut aller, en poussant un peu, jusqu'à imaginer un monde où les femmes seraient une ressource rare... (j'allais dire "un bien précieux" ; mais ça, elle le sont déjà) ça ferait une nouvelle de SF assez fun.

Mais sans délirer à ce point, ces 100 millions de célibataires insatisfaits, il faudra bien qu'ils fassent quelque chose. Déjà, l'on peut prévoir que c'est absolument désastreux pour la lutte contre le sida, ou tout autre MST : une telle situation, cela favorise nécessairement le développement des lieux types bordel ou maisons closes, où ces fringuants célibataires iront épuiser leur libido ; là où le bât blesse, c'est qu'il suffit alors que les quelques filles de joie régulièrement fréquentées par un nombre assez importants d'hommes soient atteintes par une MST pour que tous ceux qui profitent de leurs charmes le soient. Un raisonnement similaire fait d'ailleurs dire que paradoxalement, il faudrait des moeurs plus libres pour lutter plus efficacement contre le sida, ce qui est assez convainquant lorsqu'on lit cet article ; je voudrai bien y revenir si mes lecteurs peu à l'aise à l'anglais le désirent, c'est un sujet très intéressant. Mais plus fondamentalement, outre cet aspect épidémiologique, à quels troubles peut-on s'attendre, au moins dans les pays concernés ? J'ai lu quelque part que cela causerait des problèmes sociaux, mais je me demande lesquels. À une émeute de célibataires frustrés ? ça serait cocasse. Sans aller jusque là, au moins à un changement assez important des normes sociales. Je ne sais pas si on peut raisonnablement prôner un modèle familial classique dans un pays où 5 à 10% de la population est célibataire, par exemple. Cela crée tout un marché avec certaines moeurs légèrement différentes des familles, etc... Je suis curieux de savoir ce que cela peut donner à terme. Et je suis content de ne pas être chinois !

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