Cher blog,

Un an déjà, que cela passe vite un an. J'ai tout de même choisi d'éviter le tour complet du calendrier, peut-être me manquais-tu plus ce que je pensais. J'ai beaucoup de choses à te raconter - comme souvent en fait - ; sauf que contrairement au reste de l'année j'ai du temps, une solitude pesante et une absence de perspective à court et moyen terme dans mon futur immédiat, qui me plongent dans un désarroi plus ou moins périodique, mais par ailleurs me donnent la possibilité de t'écrire, pour une fois ! Enfin, la possibilité... je devrais dire, l'envie. De temps à autres, il me paraît un peu malsain de vivre dans un campus relativement isolé, avec une vie étudiante un peu refermée sur elle-même. Enfin, en général c'est plutôt grisant, bien sûr, ça donne un environnement tout à fait exceptionnel pour que cette vie étudiante s'épanouisse dans ses meilleurs - et ses pires - aspects. Mais de temps à autre, je trouve l'hypocrisie de regretter l'autisme vis-à-vis du monde extérieur - même de toi, cher blog ! - que cela encourage, et auquel on se laisse aller avec une certaine paresse.

Tu sais, au moins un de mes camarades de promotion a réussi à trouver ton identité. La mienne donc. C'est à la fois prévisible, puisque je n'ai jamais prétendu être particulièrement discret sur l'Internet et n'importe quelle recherche un brin poussée sur moi doit offrir un certain nombre d'informations ; et à la fois choquant sur le coup, lorsque je l'ai appris. Enfin, je pense que ce n'est pas encore trop grave, essentiellement parce que je sais précisément quelles infos échappent où ; le point le plus alarmant est peut-être que je les laisse échapper sciemment. Et d'ailleurs, cher ami, si tu me lis, la tâche suivante sera de trouver toutes mes identités (disons, pseudonymes, adresses mail) différentes.

Mais je m'égare un peu. Bref, cher blog, Tout ça pour dire que je ne t'oublie pas.

Ton dévoué auteur, Allam